Zonage A, B1, B2, C : ce que la lettre change vraiment
Le zonage n’est ni la « zone tendue » ni le périmètre de l’encadrement des loyers : trois listes différentes que le web immobilier confond en permanence. Ce que la lettre commande, et l’échelle de prix qu’elle dessine.
Le zonage classe chaque commune de France en cinq bandes, d’A bis à C, selon la tension entre l’offre et la demande de logements. La lettre commande les plafonds de la plupart des aides nationales. Elle ne dit rien, en droit, de l’encadrement des loyers ni du droit de préemption, et c’est la confusion la plus répandue du web immobilier français.
Quelles sont les trois listes qu’on confond ?
- Le zonage A/B/C est un classement du logement, révisé par arrêtés successifs. C’est lui qui figure sur les pages de ce site.
- La « zone tendue » est un autre périmètre, défini pour ses propres dispositifs. Il ne se déduit pas de la lettre, et une commune peut relever de l’un sans relever de l’autre.
- L’encadrement des loyers est une troisième liste encore, appliquée commune par commune sur candidature, avec ses propres arrêtés de loyers de référence.
Les trois se recoupent largement, ce qui est précisément ce qui rend la confusion facile et coûteuse : un site qui déduit un dispositif d’une lettre se trompe sur les communes où les périmètres divergent, c’est-à-dire là où la question se pose.
Que recouvre chaque bande ?
A bis (la plus tendue). Paris et 76 communes de la proche banlieue : la bande la plus étroite et la plus tendue du classement. Les dispositifs nationaux y appliquent leurs plafonds les plus élevés (ressources, prix d’opération, loyers), et c’est là que ceux destinés au logement locatif intermédiaire sont ouverts. Le classement affirme que l’offre y est très inférieure à la demande.
A (très tendue). Le reste de l’agglomération parisienne, la Côte d’Azur, le Genevois français et les grandes agglomérations où les prix sont les plus hauts. Mêmes familles de dispositifs qu’en A bis, à des plafonds un cran en dessous. Le classement affirme que l’offre y est nettement inférieure à la demande.
B1 (tendue). Les agglomérations de plus de 250 000 habitants, la grande couronne parisienne, quelques communes chères et les départements et régions d’outre-mer. La dernière bande où les dispositifs d’investissement locatif intermédiaire restent généralement ouverts, à des plafonds plus bas. Le classement affirme que la demande y dépasse l’offre sans que le marché soit saturé.
B2 (peu tendue). Les autres communes de plus de 50 000 habitants, la périphérie des zones tendues et certaines communes littorales ou frontalières. Les dispositifs tournés vers le locatif intermédiaire s’y ferment ; à l’inverse, les aides à l’accession dans l’ANCIEN AVEC TRAVAUX visent les zones les moins tendues, dont celle-ci. Le classement affirme que l’offre y répond à peu près à la demande.
C (détendue). Tout le reste du territoire : la très grande majorité des communes françaises. C’est la bande que visent les aides à l’accession dans l’ancien avec travaux, et celle dont les dispositifs d’investissement locatif intermédiaire sont absents. Le classement affirme que l’offre y suffit à la demande.
Quelle échelle de prix le classement dessine-t-il ?
| Zone | Tension | Communes | Part | Médiane des médianes |
|---|---|---|---|---|
| A bis | la plus tendue | 144 | 3,4 % | 5 770 €/m² |
| A | très tendue | 714 | 16,8 % | 3 800 €/m² |
| B1 | tendue | 1 281 | 30,1 % | 2 866 €/m² |
| B2 | peu tendue | 721 | 17,0 % | 2 008 €/m² |
| C | détendue | 1 391 | 32,7 % | 1 739 €/m² |
La progression est nette et monotone : la médiane des prix médians communaux passe d’environ 1 739 €/m² en C à 5 770 €/m² en A bis, soit un rapport supérieur à trois. Cela ne prouve pas que la lettre fasse le prix : le classement est établi à partir de la tension du marché, donc l’échelle mesure d’abord que le classement fait son travail.
Ce qui est utile pour un acheteur, c’est le contraire : la lettre est un raccourci fiable vers l’ordre de grandeur d’un marché qu’on ne connaît pas, et un signal que les dispositifs disponibles ne seront pas les mêmes qu’à trente kilomètres de là.
Que commande la lettre ?
Elle fixe les plafonds de ressources, de prix d’opération et de loyer de la plupart des aides nationales, et elle décide de l’ouverture des dispositifs d’investissement locatif intermédiaire. Plus la zone est tendue, plus ces plafonds sont hauts.
Aucun barème ne figure ici, et c’est délibéré. Les montants changent à chaque loi de finances, séparément les uns des autres ; les recopier les figerait sur des milliers de pages et le premier collectif budgétaire en ferait un mensonge à retardement. Pour un montant applicable à une adresse, le simulateur officiel fait foi. Le même raisonnement gouverne la page sur la capacité d’emprunt, qui ne publie aucun taux de marché.
Comment s’en servir ?
- Lisez la lettre comme un ordre de grandeur, pas comme un prix. Le prix de la commune est sur sa propre page, avec son nombre de ventes.
- Ne déduisez aucun dispositif d’une lettre seule. Le périmètre exact de chaque aide est le sien.
- Méfiez-vous d’une commune limitrophe d’une bande plus tendue. La frontière est administrative et le marché ne s’arrête pas dessus, ce qui est une des quatre questions de comparer deux communes.
La médiane nationale est de 2 592 €/m², arrêtée à décembre 2025. Les mots du classement sont vérifiés au 2026-08-22 ; le rapprochement par bande est celui du millésime 2026-05.
Sources
- Zonage A/B/C du logement, Service-public.fr
Le classement issu de l’arrêté du 1er août 2014 modifié, et le simulateur qui donne la zone d’une adresse.
Vérifié le
- Demandes de valeurs foncières géolocalisées, Etalab et Direction générale des finances publiques
Les prix médians rapprochés de chaque bande.
Licence Ouverte 2.0, complétée par les conditions d’utilisation de la DGFiP.
Voir dans les données
Les zones dont cet article lit les chiffres, avec leur médiane du moment.